Accompagnement de projets
Plusieurs projets d’accompagnement sont en cours ou ont été menés.
Depuis novembre 2007, Parcours d’exil a lancé une "recherche action" sur la mise en place d’un processus de reconnaissance précoce des victimes de torture.
Cette initiative s’appuie sur les constats répétés de l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) faisant état de l’existence d’importantes pathologies mentales chez les demandeurs d’asile et des carences quant à leur identification et leur prise en soins.
Cofinancé par la Fondation de France et le Ministère de l’Immigration, ce projet a pour objet de :
- Créer un questionnaire et un protocole de dépistage de la souffrance psychique des demandeurs d’asile hébergés dans le DNA (Dispositif National d’Accueil), afin de leur assurer une prise en soins adaptée à leurs maux ;
- Evaluer par un suivi commun incluant professionnels de CADA et professionnels de santé l’impact de la thérapie proposée sur les victimes de traumatismes dépistées et suivies, afin d’affiner et d’optimiser le processus de dépistage.
Ce programme qui se déroule en 3 phases successives arrivera à terme en septembre 2010
Phase 1 (novembre 2007 – juin 2008) :
Lancement d’une étude sur le dépistage des souffrances psychiques dans les CADA. Ainsi huit étudiantes en travail social de l’IUT Paris V ont effectué une enquête de terrain auprès des responsables des CADA d’Île-de-France, afin d’identifier les besoins dans ce domaine, et de recueillir les connaissances engrangées sur ce sujet particulier. [télécharger les résultats de l’enquête]
Phase 2 (septembre 2008 –juin 2009) :
- Etape 1 : session de formation de deux jours sur la prise en soin des victimes de traumatisme et la mis en place de la recherche action
- Etape 2 : Sur la base d’un premier questionnaire et d’un protocole de présentation initialement conçu par l’équipe de médecins et de psychologues de Parcours d’exil, les premières actions de "dépistage" seront mises en place au sein des CADA.
- Etape 3 : Sur la base des résultats obtenus au travers du protocole de dépistage, orientation des résidents susceptibles de souffrir de stress post traumatiques soit vers Parcours d’exil, soit vers toute autre structure médicale. Etape 4 : Suivi des patients et évaluation de l’influence de l’orientation sur la base de questionnaires d’évaluation proposés tant au sein des CADA qu’à Parcours d’Exil.
Phase 3 (sept. 2009 à sept. 2010) : élargissement au niveau national. Menée en collaboration avec 5 CADAs (Centres d’accueil pour demandeurs d’asile) d’Ile de France, la seconde phase a permis la création d’un questionnaire, testé et optimisé tout au long de l’année pour répondre au mieux aux besoins opérationnels des travailleurs sociaux dans le dépistage médical et psychologique des victimes de torture.
Aujourd’hui, 25 CADAs ont rejoint le projet pour une première phase opérationnelle de formation et de dépistage.
Calendrier 2009/2010 :
- Formalisation du partenariat entre les CADAs de Province (15 approximativement), les 5 CADAs d’Ile de France & Parcours d’Exil : désignation dans chaque CADAs retenu, du ou des professionnels engagés directement dans le projet (travailleurs sociaux / référents santé / Directeur) - Septembre 2009
- Formation des professionnels des CADAs de province en 3 temps - les 8 & 9 octobre 2009 :
- a. formation à la reconnaissance des symptômes engendrés par le stress post traumatique
- b. présentation du questionnaire de reconnaissance précoce et du processus d’évaluation proposé
- c. partage d’expérience avec les CADAs d’Ile de France ayant participé à la première phase et jouant le rôle de personnes référentes
- Mise en œuvre du processus de reconnaissance précoce et orientation des victimes de traumatisme repérées - d’octobre 2009 à juillet 2010
- Renvoi mensuel des statistiques de présentation des questionnaires et des résultats obtenus - d’octobre 2009 à juillet 2010
- Suivi thérapeutique des patients selon les possibilités à disposition
- Journées de supervision régulières qui rassembleront les référents CADA et le personnel de Parcours d’Exil impliqué dans le but de pérenniser l’effet de la formation initiale, de rectifier les outils dans le but de les améliorer et de repérer au mieux les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du processus en janvier, avril & juillet 2010
- Rédaction des rapports locaux et généraux - Aout 2010 8.
- Journée de bilan et de mise en commun des conclusions - Septembre 2010
ESSOR 2007-2009 / Création à Lyon d’un centre de santé pour victimes de torture et transfert de compétences.
Au printemps 2006, nous avons reçu la visite d’un patient résident à Lyon qui avait manqué de peu de se faire écraser par une voiture. La conductrice lui avait alors conseillé d’aller voir le Dr Duterte à Paris. Cette anecdote, si flatteuse soit-elle pour notre « renommée », a été le catalyseur d’un projet plus vaste.
Troublés par le manque de structures de soins adaptées aux victimes de torture en province et plus particulièrement en région Rhône-Alpes, nous avons contacté Forum Réfugiés, association renommée et très bien implantée à Lyon, pour envisager avec eux la création d’un centre de santé pour les victimes de torture en région lyonnaise.
En avril 2007, la signature d’une convention de partenariat avec Forum Réfugiés a permis l’ouverture en septembre 2007 d’un centre de soins pour victimes de torture à Lyon. A la fin 2008 ce centre avait accueilli plus de 200 patients.
Parcours d’exil qui avait en charge l’accompagnement, la formation et la supervision de l’équipe médicale, se désengagera progressivement fin 2009, pour permettre au centre de Lyon de prendre son autonomie.
Le programme Laokolé, commencé en 2004 et poursuivi jusqu’en 2006, avait pour finalité la formation et la mise en réseau de professionnels parisiens travaillant auprès de mineurs isolés étrangers – MIE – (travailleurs sociaux, éducateurs, policiers, professionnels de la justice).
I. CONTEXTE
Depuis plusieurs années, la France reçoit sur son territoire de plus en plus de mineurs isolés étrangers, enfants ou adolescents sans famille et sans repère, devant être pris en charge par l’administration française. Chacun de ces jeunes s’est exilé pour des raisons qui lui sont propres mais qui peuvent être regroupées dans quelques grandes catégories : guerre, misère, sévices, discrimination, victimes de réseaux mafieux, etc.
Les professionnels chargés de leur prise en charge sont souvent confrontés à de multiples difficultés spécifiques à ces jeunes : isolement affectif, culturel et social ; conduites à risques ; fragilité devant l’embrigadement par des réseaux mafieux ; séquelles comportementales liées au traumatisme ; raccourcissement des délais et éclatement des prises en charge ; violence envers soi-même ou envers autrui. Ces difficultés peuvent mettre en échec des procédures d’intervention (audition de police, investissement dans les projets socio-éducatifs, audience chez le juge, etc.) qui ont fait preuve de leur efficacité dans d’autres contextes.
LAOKOLÉ : héroïne du livre Johnny Chien Méchant d’Emmanuel Dongala (éditions du Serpent à plumes) ; adolescente qui lutte pour vivre et faire vivre, après l’horreur endurée par sa famille ; en elle s’épanouissent force, partage et humanité.
II. OBJECTIFS DU PROJET
-
Former les professionnels appelés à encadrer des mineurs isolés étrangers (Aide sociale à l’enfance, associations, Protection judiciaire de la Jeunesse) en mettant à leur disposition des informations sur le vécu de ces jeunes, les pathologies et les difficultés comportementales qu’ils peuvent présenter ;
-
Mutualiser les compétences et les contraintes propres aux différents acteurs ;
-
Mettre en réseau tous les acteurs de ce champ d’action, afin de faciliter les échanges entre les organismes concernés par cette problématique ;
-
Organiser le dépistage et l’orientation de ces jeunes en souffrance psychique afin de prévenir la dérive délinquante, psychiatrique ou l’installation dans des comportements asociaux.
III. ETAPES DU PROJET
- Conférence d’ouverture de la formation rassemblant tous les participants : état des lieux politique, juridique, médical et social sur la question des mineurs isolés étrangers, lancement de la formation (1 journée) ;
- Formation en intra
- Formation aux apports de la clinique psycho traumatique aux pratiques du terrain (2 jours par institution, soit 8 jours au total) ;
- Optimisation, par une approche systémique, des fonctionnements et des pratiques internes à l’institutio (4 demi-journées par institution, soit 16 demi-journées au total) ;
- Formation en INTER : Mise en réseau des acteurs et étude de cas interinstitutionnels (par simulation, jeux de rôle) ;
- 1er cycle d’ateliers : 6 demi-journées par groupe de 18 personnes maximum ;
- 2ème cycle d’ateliers : 6 demi-journées par groupe de 18 personnes maximum ;
- Livret d’accueil Formation d’un groupe de travail interinstitutionnel d’une quinzaine de personnes ayant pour but de rédiger et coordonner l’élaboration d’un livret d’accueil qui sera distribué à tout mineur isolé à son arrivée en France.
Ce livret détaille les rôles des différents acteurs ainsi que les différentes étapes du parcours administratif. Il est traduit en 9 langues afin d’être compréhensible par la majorité des jeunes accueillis.
- Conférence finale :
- Présentation des conclusions du projet ;
- Intervention du Professeur Mony Elkaïm, neuropsychiatre, directeur de l’Institut de la famille et des systèmes humains (Bruxelles) & président de l’European Family Therapy Association ;
- Présentation et distribution du carnet d’accueil.





