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Film "Welcome" : le droit d’asile, toujours un droit constitutionnel ?

"WELCOME", le film de Philippe Lioret sur le sort des migrants à Calais qui veulent passer en Angleterre va devenir un film populaire grâce à la beauté des images et au jeu exceptionnel de Vincent Lindon et Firat Ayverdi qui joue le rôle du jeune réfugié irakien.

L’histoire : l’adolescent Bilal, jeune kurde irakien, veut apprendre le crawl pour traverser la Manche à la nage pour retrouver sa fiancée à Londres. Il est d’abord arrêté dans un camion car il ne peut supporter de rester la tête couverte d’un sac plastique pour que la police ne détecte pas les émanations de CO2 aux contrôles : il avait déjà connu la cagoule dans sa longue épopée, et c’est une torture qu’il ne peut vaincre.

Quand il s’adresse au maître-nageur, joué par Vincent Lindon, celui-ci est indifférent aux réfugiés et ignore les bois où se cachent ces clandestins. Mais une amitié va naître et l’article L.622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers, qui punit l’aide à personne irrégulière d’un maximum de cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, va être dépassé.

Avec d’autres Calaisiens le maître-nageur qui accepte de l’entraîner va nourrir, habiller, doucher, emmener en voiture et finalement héberger le jeune kurde têtu et donc voir entre autres la police fouiller son appartement sans mandat, être mis en examen et devoir pointer chaque jour au commissariat. Le maître-nageur ne convaincra pas l’adolescent de ne pas tenter l’impossible dans une eau à 10 degrés. Bilal mourra à 800 mètres de la côte anglaise.

La vraie question que pose ce film qui tient en haleine le spectateur c’est le choix entre l’aide à personne irrégulière avec tous les risques ou la non-assitance à personne en danger. Espérons que ce film qui va remuer les consciences contribuera à ne plus voir appliquer la loi qu’aux passeurs et que six ans après la fermeture du centre de Sangatte les autorités organiseront une autre forme d’accueil aux réfugiés. Souvenons-nous aussi que le droit d’asile est un droit constitutionnel...En tout cas après avoir vu ce film plus personne ne pourra dire "je ne savais pas ce qu’il se passe à Calais".

Danielle Merian
Avocate Honnoraire au Barreau de Paris
Vice Présidente de Parcours d’Exil

Mis à jour le vendredi 6 novembre 2009