Imprimer l'article

Kinésithérapie

Kinésithérapeute, Isbel Girault qui a exercé depuis la création du centre de soins en 2001 jusqu’en 2009, résume ici l’esprit et les principes qui ont guidé sa pratique.
Derrière ces mots simples, qui traduisent la spécificité de son savoir-faire, transparaît son profond respect pour les hommes et les femmes au profit desquels elle exerce.

« Le premier rendez-vous est un moment d’une extrême importance. Il fera le terreau de l’alliance [*], de la confiance, et de l’échange indispensables à la qualité de ma pratique.

Il en va de même de la permission demandée pour poser mes mains sur le corps du patient, expliquer ma démarche, sans poser de question sur sa dramatique et douloureuse histoire. Le corps massé m’apportera une partie des réponses dont j’ai besoin pour travailler avec lui, ou elle, afin de le soulager.

L’écho du fracassement a envahi le corps dans sa globalité, des pieds jusqu’au sommet du crâne, verrouillant des portes intérieures, déstabilisant les sens :

  • La déglutition est difficile.
  • La respiration se fait à minima.
  • Sous le sternum et l’ombilic, deux surfaces indurées et douloureuses, très réactives au toucher.
  • Des picotements, l’impression d’avoir de l’eau qui circule sous la peau, la sensation d’une chaleur, si forte et si inquiétante, dans le corps.

Le relevé des douleurs est indispensable et déterminant dans le choix des territoires à masser. Lors du premier rendez-vous, ce choix est difficile compte tenu des plaintes du patient qui a « mal partout ». Le raisonnement logique s’en trouve alors perturbé.

Toutefois, les indications douloureuses relevées au niveau des pieds, des mains, de la face avant du thorax, du crâne et du visage sont une aide précieuse qui me permet de comprendre dans un premier temps quel est le territoire le plus perturbé.

Systématiquement, je procède au massage linéaire du ventre et du thorax. Chaque fois, sans exception, j’explique la raison et l’intérêt de ce massage.

Je suggère au patient, pour en atténuer la pénibilité, de respirer avec moi, en synchronisation avec mes gestes.

Ce massage agit en résonance avec le dos et participe au phénomène de « lâcher prise » qui déclenche des bâillements… et parfois des larmes. Avec cette méthode de massage, je dépasse le simple travail manuel qui façonne seulement un petit territoire musculaire, pour agir sur des territoires beaucoup plus étendus, avec une efficacité beaucoup plus grande. Il s’agit d’un outil supplémentaire et complémentaire pour lutter contre les affections secondaires qui touchent la musculature des patients, mais également pour réduire les effets généraux (fatigue, mal-être global, etc.) qui les perturbent et dont ils souffrent tant.

Nos patients se sentent mal dans leur corps devenu un habitat inconfortable, lourd, encombrant et douloureux, la nuit comme le jour. Qu’ils marchent ou restent assis, qu’ils agissent ou soient au repos, leur corps leur pose problème, ce dont beaucoup témoignent en me disant : ‘‘ Je ne fais rien et j’ai mal partout. Pourquoi ? ’’ ».

Isbel Girault

[*] Par alliance, on entend l’instauration d’une relation de confiance, faite de respect et d’empathie, et basée sur l’équité entre le kinésithérapeute et le patient.

Mis à jour le jeudi 7 janvier 2010