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Le groupe insertion : “c’est reprendre goût à la vie”

Ce n’est pas encore le printemps mais les beaux jours sont déjà là. En cet après midi ensoleillée, l’équipe du groupe insertion a choisi d’aller visiter le Sacré Cœur. Une manière originale de découvrir Paris, de s’imprégner de la culture française et de sortir de la grisaille quotidienne. “Il faisait beau, et j’avais envie de sortir des sentiers battus” me déclare Laëtitia avec un grand sourire.
Responsable coordinatrice du groupe insertion, elle est en charge des activités pédagogiques. Laëtitia m’explique que même si les sorties permettent aux patients de rompre avec la monotonie, elles restent le plus possible en lien avec les cours de la semaine. “Par exemple, la prochaine sortie sera la visite du Château de Versailles pour illustrer le cours d’histoire sur Louis XIV.”

Le groupe insertion a été mis en place et ébauché dès 2003 au Cada de Bercy. Il permet aux patients avancés dans leur thérapie de se préparer le mieux possible à leur nouvelle vie.

“C’est un outil thérapeutique remarquable ! Depuis sa création en 2004, nous avons obtenu des résultats exceptionnels”, précise le Dr. Duterte, directeur fondateur de Parcours d’Exil. “Au-delà des formations pratiques et des enseignements fondamentaux indispensables comme le Français, les mathématiques, l’informatique ou l’histoire, le groupe insertion permet aussi et surtout aux patients de se soigner “sans s’en rendre compte”. Ils réapprennent la vie en groupe, à respecter un cadre, des horaires et les opinions des autres. Mais pour beaucoup de patients, la participation au groupe insertion, c’est aussi l’occasion de découvrir ce qu’est un Etat de Droit”, précise le Docteur.

Outre la thérapie proposée par les médecins, les psychothérapeutes et l’art thérapeute, les techniques d’enseignement et l’approche individualisée prennent en compte des difficultés liées aux séquelles du traumatisme telles que difficultés de concentration et de mémorisation, dissociation, asthénie, dépression,... symptômes qui entrent tous dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler syndrome de stress post-traumatique.

Les activités culturelles, la participation au groupe de parole, les séances de Qi Gong participent au mieux-être des patients, à la restitution d’un sentiment de valeur de soi.

“L’objectif, conclut le Dr. Duterte, est de créer un espace propice à l’échange, à la mise en commun de nouveaux acquis, d’éviter une mise en échec et de permettre, une fois la thérapie avancée et les séquelles psychiques levées, l’entrée des patients dans un processus d’apprentissage classique.”

Reprendre goût à la vie, c’est le maître mot de cette méthode. Laëtitia m’explique qu’elle voit de très nettes améliorations dans le comportement des patients. La convivialité et la solidarité du groupe favorisent l’intégration des nouveaux venus qui reprennent rapidement confiance en eux.

“C’est comme une petite famille, explique Laëtitia, et les membres du groupe sont très solidaires. Nous à l’école, c’est la bataille pour accéder aux ordinateurs, ici c’est totalement différent. Chacun se dévoue pour les autres. S’il n’y a pas assez d’ordinateur, les plus expérimentés laissent spontanément la place et aident les nouveaux venus. On apprend beaucoup à leur contact.”

Même si les activités culturelles sont choisies de manière à ne pas raviver les traumatismes et à protéger les patients, personne n’évoque leur passé. “De toute façon, ils ne recherchent pas à inspirer la pitié, m’explique Laëtitia. Bien au contraire, ils veulent qu’on les considère normalement. Quand on sort, c’est un peu comme si on allait en vacances. Il y a toujours une ambiance festive et conviviale.” Pour preuve la dernière sortie organisée à l’occasion du printemps du cinéma. 3,5 euros la place ! Une aubaine pour le groupe qui en a tout de suite profité pour aller voir Coco, le dernier film de Gad Elmaleh. Une nouvelle occasion d’aller rire et s’amuser entre amis.

C’est ça reprendre goût à la vie !

David Martinez
Parcours d’exil

Fiche technique :
- Nombre de bénéficiaires : 28 (12 femmes & 16 hommes)
- Coût du programme : 85 000 €
- Financement : Union Européenne & Fondation Société Générale
Mis à jour le lundi 23 novembre 2009