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Presse

Communiqués de presse

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Dossier de Presse de Parcours d’exil

PARCOURS D’EXIL ANNONCE LE LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE NATIONALE DANS 300 SALLES DE CINÉMA A PARTIR DU 3 FÉVRIER 2010.

Grâce à la générosité de nombreux partenaires, Parcours d’exil, bénéficie à compter du 3 février 2010 d’une campagne cinéma sur l’ensemble du territoire.

Paris le 3 février 2010 : Réalisé bénévolement en mars dernier par la jeune équipe de Sofiaprod, le spot de Parcours d’exil, sera visible dans sa version longue de 30 secondes dans plus de 300 salles pour une durée de 3 et de 2 semaines sur deux réseaux de diffusion.

"C’est une opportunité exceptionnelle pour Parcours d’exil qui, sans le soutien de nombreux partenaires, n’aurait jamais eu l’occasion de “s’offrir” une campagne d’une telle envergure pendant la période de l’année où les salles sont les plus fréquentées !" explique David Martinez, en charge de la communication. On estime que cette campagne sera vue par plus de 300.000 spectateurs.

Alors qu’il est très difficile de communiquer sur un sujet aussi tabou que celui de la torture, Parcours d’exil a choisi de mettre en avant des valeurs positives. “Après la torture et le traumatisme, il y a la reconstruction et l’espoir”, explique David Martinez. “C’est bien ce qu’incarne Parcours d’exil. Tous les jours, notre équipe pluridisciplinaire soigne et aide des dizaines de patients qui ont tout perdu à reprendre goût à la vie. » conclut le Dr. Duterte, Médecin directeur de l’association.

Réalisé par Alexandre Deschamps, le clip raconte comment un jeune africain qui a dû fuir son pays a réussi à retrouver le sourire et à se « redessiner un avenir » grâce à Parcours d’exil. Au-delà du message sur la torture, Parcours d’exil souhaitait aussi rompre avec les clichés traditionnels sur l’immigration. Cette campagne vise également à sensibiliser l’opinion publique sur le fait que de nombreux immigrants sont arrivés sur notre territoire parce qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix que celui de fuir leur pays pour sauver leur vie.

Pour cette campagne, l’association tient tout particulièrement à remercier les studios Cinephase et la société Dolby pour le mixage et la mise en conformité du son. La société Artistic Images pour la partie post-production et la réalisation de l’animation 3D et Wilfrid Godet de l’agence Coupe-Circuit pour la réalisation des messages. Enfin, Parcours d’exil tient aussi à remercier toutes les personnes qui ont accepté de travailler bénévolement sur ce projet.

TABLE RONDE : FAUT-IL JUGER LES ENFANTS SOLDATS ?

Des propositions pour :

  • Lutter contre « l’utilisation » des enfants dans les conflits armés,
  • Définir un cadre juridique qui lors de poursuites pénales, respectera le mineur sujet de droit.
  • Mettre en place un dispositif d’accompagnement pour favoriser la réintégration des enfants soldats.

Alors que la Communauté Internationale vient de fêter les 20 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), Parcours d’exil et la Voix De l’Enfant alertent l’opinion publique sur la situation alarmante des enfants soldats dans le monde et l’absence de dispositif d’accueil adapté en France.

Réunis le 14 décembre 2009 à l’Hôtel de Ville de Paris, des experts dans les domaines juridique, militaire et médico-psychologique vont rappeler aux Etats leurs devoirs en matière de protection des Droits des Enfants et proposer des recommandations concrètes visant à renforcer la prise en charge juridique et médico psycho sociale des ex enfants soldats.

Si l’on peut se réjouir de nombreux progrès dans le domaine de la protection de l’enfance depuis la ratification quasi universelle de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant en 1989, la question des enfants soldats reste un enjeu crucial que ce soit d’un point de vue de leur utilisation dans des conflits armés ou de leur réintégration au sein de nos sociétés.

On estime que dans le monde entre 250 000 et 300 000 enfants sont enrôlés dans des forces armées. Si ce phénomène touche certains pays d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe et du Moyen-Orient [1] , il est plus particulièrement développé en Afrique où selon l’UNICEF, près de 120 000 mineurs, dont certains âgés d’ à peine neuf ans, seraient actuellement impliqués dans des conflits armés.

L’objet de la conférence est de dénoncer cette situation alarmante et d’examiner la question de la responsabilité pénale des ex enfants soldats poursuivis pour crimes et la façon dont les autorités judiciaires abordent le sujet. Aujourd’hui, stigmatisés, détenus dans des conditions souvent inhumaines et dégradantes, ils sont souvent jugés par des juridictions militaires sans aucun respect de leur statut d’enfant et en totale infraction avec les articles 3 et 37 de la CIDE [2].

Les autorités judiciaires doivent avant tout considérer les ex enfants soldats comme des victimes et toute poursuite impliquant des enfants soldats doit se faire dans le respect de l’équilibre psychologique et social de l’enfant. C’est pourquoi nous appelons la communauté internationale à créer une « Chambre Spéciale » au sein de la Cour Pénale Internationale [3] chargée de décider sur les crimes commis par ces jeunes pour garantir à l’échelle mondiale l’application d’une justice respectueuses des droits de l’enfant.

Si les ex enfants soldats doivent répondre de leurs exactions et si la procédure pénale est indispensable pour apporter des réponses aux crimes perpétrés, la justice doit avant tout privilégier des mesures à caractère éducatif et non répressif pour responsabiliser les ex enfants soldats et favoriser leur resocialisation.

Accueillis en France en tant que Mineurs Isolés Etrangers (MIE), les ex enfants soldats ne bénéficient d’aucun accompagnement spécifique favorisant leur réintégration dans la société. Alors que les dispositifs d’accueil des mineurs en France restent largement insuffisants, les ex enfants soldats sont quant à eux particulièrement pénalisés par le regard de nos institutions. Stigmatisés au regard de leur lourd passé, ils sont condamnés avant même d’avoir été jugés. Leur prise en charge par les services d’aide à l’enfance et les intervenants est beaucoup trop souvent biaisée par des réactions d’effroi, d’angoisse et de rejet.

L’enjeu de cette journée, sera aussi d’adresser un message clair au gouvernement français et aux autorités européennes pour que nos sociétés apprennent à réparer et à aider le mineur ou le jeune majeur à tirer toutes les conséquences, légales, psychologiques et sociales des actes qui lui sont imputés, pour lui permettre, in fine, de s’intégrer à la société d’accueil et de construire sa vie sur des bases aussi solides et respectueuses des Droits Humains que possible.

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Dossier de presse de la table ronde.
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LA RECONNAISSANCE DES VICTIMES DE TORTURE EN DISCUSSION A LA COMMISSION EUROPÉENNE
QUESTION PARLEMENTAIRE DE MME CATHERINE BOURSIER

Suite à la conférence des 28 et 29 octobre 2008 dédiée à la reconnaissance en Europe des victimes de torture, une question parlementaire est posée à la Commission européenne, rappelant leurs obligations à la Commission comme aux États membres. Parcours d’exil a rencontré récemment Mme Catherine Boursier*, députée européenne, afin de lui présenter les recommandations du 29 octobre 2008 affirmant la nécessité de la mise en place d’un processus de reconnaissance précoce des victimes de torture.

Suite à cette réunion, Mme Boursier a déposé une question parlementaire concernant la reconnaissance des victimes de torture. La question rappelle les obligations des Etats telles que décrites dans la directive 2003/9/CE(directive dite « Accueil »). Or, aucun instrument n’est mis en place à jour pour s’assurer que les Etats remplissent bien leurs obligations. La question comporte ensuite plusieurs volets :

  1. Comment la Commission s’assure-t-elle que les victimes reçoivent un accueil approprié ?
  2. Comment la Commission s’assure-t-elle que les Etats financent bien ces structures d’accueil ?
  3. La Commission a-t-elle prévu un suivi des manquements par les Etats dans la mise en place des mesures à prendre pour la reconnaissance des victimes et donc pour l’adaptation des procédures de demandes d’asile ?
  4. La Commission ne devrait-elle pas financer des programmes de formation destinés aux professionnels ?

Comme il a été rappelé dans les recommandations du 29 octobre 2008, les Etats ont obligation depuis 2003 de mettre en place un accueil adapté pour les publics vulnérables dont les survivants de la torture. Hélas, le constat est fait par la société civile que ces obligations ne sont pas remplies. En cette période de crise financière où les esprits et les frontières se ferment, il faut veiller à ce que les survivants de la torture ne souffrent pas davantage.

(*) Mme Catherine Boursier est membre du groupe socialiste au Parlement européen et de la commission LIBE (libertés civiles, justice, affaires intérieures et droits de l’Homme) . Plus d’informations : http://catherine-boursier.fr/ .

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Mercredi 10 décembre 2008,

Lettre ouverte au Président de la République française, Président de l’Union européenne

Monsieur le Président de la République et président de l’Union européenne, en ce jour du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, si les Français ont oublié ce qu’était la torture et les effets de la dictature (contrairement à beaucoup de pays dans le monde), les patients que nous recevons dans nos centres de soins, eux, ne l’ont pas oublié.

Demandeurs d’asile ou réfugiés, originaires de pays d’Afrique, d’Asie ou d’Europe de l’Est, ils subissent au quotidien les séquelles de la torture : angoisses, cauchemars, réminiscences, irritabilité, etc.

Pour que ces séquelles s’effacent et puissent laisser place à une vie reconstruite, il est essentiel que les survivants de la torture soient soignés.

C’est grâce aux soins que ces survivants, ces surhommes et ces « wonder-women » mais aussi ces enfants, qui ont déjà réussi à survivre au pire et ont dû traverser des épreuves inimaginables pour arriver en France, peuvent se reconstruire un avenir.

Il est essentiel aussi qu’ils soient reconnus au plus vite à leur arrivée en France pour que les soins spécifiques dont ils ont besoin puissent leur être prodigués et pour que la procédure de demande d’asile soit adaptée à la réalité de leur souffrance.

Or aujourd’hui plus que jamais, et malgré le fait que les législations européennes et nationales reconnaissent ces soins comme un droit, la réalité est tout autre.
La directive « Accueil » 2003/9/CE oblige les gouvernements européens à financer des soins spécifiques pour les victimes de torture. Pourtant, très peu de gouvernements européens ont jusqu’à présent assumé pleinement leurs responsabilités. Les centres dépendent donc fortement des financements de l’Union européenne et du Fonds de Contribution volontaire des Nations Unies pour les Victimes de Torture (UNVFVT).

La situation financière des centres se trouve davantage menacée depuis 2007 : la Commission européenne finançait jusqu’alors les centres de soins pour victimes de torture, indépendamment de leur situation géographique. En 2007, elle a annoncé vouloir se désengager du financement des centres situés dans l’Union européenne en s’appuyant sur la directive « Accueil », mais sans pour autant s’assurer de la réalité des financements gouvernementaux au niveau national.

La situation en Europe des centres de soins pour victimes de torture est donc critique.

A ce jour, six centres en Europe sont condamnés à la fermeture, dans un délai allant de quelques jours à quelques mois : en Grèce, en Roumanie, en Italie, en Irlande dans l’Union européenne mais aussi au Kosovo et en Moldavie aux frontières extérieures de l’Union. En France aussi, la fin des financements en 2010 laisse craindre le pire pour tous les centres, et notamment pour Parcours d’Exil, qui reçoit environ 900 patients par an. Chaque fermeture a pour conséquence immédiate l’abandon de l’aide auprès de plusieurs centaines de personnes, puisque le relais n’est pour le moment jamais pris par les Etats.

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Lettre ouverte à M. Sarkozy


RECOMMANDATIONS FINALES A DESTINATION DES GOUVERNEMENTS EUROPEENS SUR LA RECONNAISSANCE PRECOCE DES VICTIMES DE TORTURE

Au terme de deux jours de débats, 123 participants et 27 intervenants de 10 pays ont recommandé que soit mis en place un processus de reconnaissance précoce des victimes de torture.

Ce processus est constitué de deux étapes préalables :

  • la formation des intervenants en contact avec les victimes de torture ;
  • l’établissement d’une liste d’observations permettant de repérer les personnes potentiellement victimes de traumatisme.

En fonction du résultat de ces observations, suivent trois étapes :

  • alerter les autorités responsables afin que la vulnérabilité soit prise en compte et que la procédure d’examen de la demande d’asile soit adaptée ;
  • orienter vers des centres de soins spécialisés (une cartographie de l’existant et une mise en adéquation avec les besoins est nécessaire) ;
  • rédiger un certificat médical si besoin.

Ces recommandations s’appuient sur les textes internationaux et européens déjà existants et pourtant non appliqués dans leur intégralité.

Elles seront délivrées à la Commission Européenne, aux gouvernements des 27, ainsi qu’aux ministères français compétents, afin de répondre aux invitations des institutions françaises et européennes à ce que la société civile soit force de proposition.

L’intégralité du texte adopté en séance finale de la conférence suit ce communiqué.

La conférence a été organisée dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, les 28 et 29 octobre 2008 à Paris par l’association Parcours d’Exil, en partenariat avec l’IRCT (International Rehabilitation Council for Torture Victims).
Elle a reçu le haut patronage de la Commission Européenne, du Conseil de l’Europe, de l’UNESCO et du ministère français de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

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L’ENTRAINEMENT DES POLICIERS MEXICAINS A RESISTER A DES « HAUTES SITUATIONS DE STRESS » PEUT FAIRE D’EUX DE FUTURS BOURREAUX DIT PIERRE DUTERTE, MEDECIN DIRECTEUR DE PARCOURS D’EXIL

Les vidéos qui font scandale au Mexique actuellement, montrant des policiers s’entraînant à des techniques de torture sur leurs collègues sont insupportables. Elles montrent ce que la soumission à l’autorité est capable de faire et de faire faire. Elles font aussi craindre que par « identification à l’agresseur », elles se transforment en de véritables entraînements à torturer.

Il n’est pas possible de justifier ces pratiques abjectes sous le couvert d’entraîner à "résister à de hautes situations de stress" car il existe bien un syndrome de stress post-traumatique qui fera le lit de conséquences bien plus graves pour les policiers qui auront « bénéficié » de ce prétendu entraînement.
Ce que ces policiers semblent avoir enduré n’est pas très éloigné de ce que les détenus de Guantanamo subissent ou de ce que G. W. Bush à réintroduit comme légal ! « Comme les vétérans qui ont participé aux guerres et à leurs cortèges d’atrocités, ces policiers ne peuvent sortir « indemnes » de ce genre de pratiques.
Soit ils « désobéiront » et quitteront la police… Soit ils obéiront avec un sens de ce qui est acceptable beaucoup plus élastique. » dit Pierre Duterte.

Comment expliquer autrement que par la soumission à une « autorité supérieure » le fait que des guérilleros qui auraient un idéal révolutionnaire de tendance marxiste, structurés, encadrés et commandés de manière militaire puissent détenir des otages comme Ingrid Betancourt et prendre face à l’humanité de cette femme, le visage opposé de la plus parfaite inhumanité ?

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SIERRA LEONE : ALERTE A NON ASSISTANCE A RÉFUGIÉS EN DANGER

Parcours d’Exil, association française pour le soin médico-psychologique des victimes de torture, révèle les risques encourus par les actuels ressortissants Sierra Léonais suite à la décision du Haut Commissariat aux Réfugiés.

Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies vient de demander la cessation du statut de réfugiés pour les Sierra Léonais. Retirer la protection à ces personnes qui ont été victimes pourrait être assimilé à de la non assistance à personne en danger. _En effet, parmi eux, il y a d’anciens enfants soldats qui étaient mineurs lors de leur arrivée en France. Le centre de soins de Parcours d’Exil a accueilli en 2007 près de 50 d’entre eux. La plupart souffrent de traumatismes sévères et profonds : entre autres irritabilité, troubles du sommeil (insomnies, cauchemars), troubles de la mémoire et de la concentration. Pour ces patients, le renvoi en Sierra Leone serait sans doute dramatique, du fait non seulement d’éventuelles représailles physiques et psychologiques mais également de la fragilisation psychologique provoquée par la confrontation à d’anciens agresseurs : les conséquences psychologiques, médicales et sociales de la torture sur les victimes ne sont ni diminuées ni effacées par une apparente stabilisation politique de l’Etat.

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JEAN-PIERRE BEMBA : LA JUSTICE, UNE NECESSITE THERAPEUTIQUE

Parcours d’Exil, association française pour le soin médico – psychologique des victimes de torture, interpelle la Cour Pénale Internationale (CPI) et les ministères de la justice français et belge suite à l’arrestation de Jean-Pierre Bemba à Bruxelles.

Paris, le 4 juin 2008. Le mandat lancé le 23 mai par la CPI contre Jean-Pierre Bemba est un mandat pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont des viols et actes de tortures, commis en Centrafrique en 2002 et 2003.
Les démarches entamées par Parcours d’Exil auprès des instances judiciaires ont pour objectif que justice soit rendue non seulement aux patients de l’association, mais aussi à tous ceux qui n’ont jamais osé, ou pu, raconter les sévices qu’ils ont subis.

Le Dr Duterte, Médecin Directeur et fondateur de Parcours d’Exil a proposé son témoignage à la CPI. La République Démocratique du Congo (RDC) est le second pays d’origine des patients du centre de soins de Parcours d’exil. Beaucoup d’entre eux sont d’anciens enfants soldats ou des mineurs isolés étrangers.

Les ressortissants de RDC reçus au centre de soins souffrent de traumatismes sévères et profonds, qui se manifestent notamment par de l’irritabilité, des troubles du sommeil (insomnies, cauchemars) ainsi que des troubles de la mémoire et de la concentration.
De par sa pratique auprès de plus de 2000 patients, au cours de plus de 15 000 consultations au centre de soins, le Dr Duterte a malheureusement eu l’occasion de constater les séquelles des actes réalisés entre autres par le MLC (Mouvement de Libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba qui a largement utilisé des enfants comme soldats.
« Certains n’avaient pas 10 ans ! » affirme le Dr. Duterte. Pour ces patients, l’espoir de justice est un élément thérapeutique important. Il ne peut y avoir réparation, sans même parler de nature financière, sans le sentiment d’un minimum de justice de reconnaissance des traumatismes.

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GUINEE CONAKRY OU QUAND L’HOMME PERD SES DROITS.

Parcours d’exil, association française pour le soin médico – psychologique des victimes de torture, fait part de ses dernières observations quant à la dramatique évolution de la situation des Droits de l’Homme en Guinée Conakry.

Mercredi 2 mai, Parcours d’exil a observé ces 3 dernières années une augmentation sans précédent du nombre de victimes de torture originaires de ce pays. Ils représentent en 2006, la grande majorité des patients de l’association, soit environ un tiers d’entre eux ; les chiffres de 2007 indiquant d’ores et déjà un maintien, voire un accroissement de cette tendance.
Au-delà de ces chiffres alarmants, l’association s’inquiète également de l’atrocité sans précédent des faits relatés. Les patients racontent en effet des histoires marquées d’actes de torture rivalisant d’originalité dans leur cruauté : « après ma deuxième arrestation je croyais avoir tout vu, mais la troisième m’a fait subir des choses que je n’imaginais pas possible ». Ce témoignage n’est pas isolé, ainsi que le confirme Pierre Duterte, Médecin Directeur de Parcours d’Exil, « ces patients sont porteurs de récits dont l’abjection dépasse ce que j’ai pu entendre de la bouche des 5000 victimes de torture, que j’ai pu recevoir durant mes 13 années de pratique ».
Presque plus effrayante encore, est l’impunité avec laquelle ces actes sont réalisés. Nombre de patients sont en effet capable d’identifier, voire de nommer leur tortionnaires, tous membres des forces de police et de l’armée du régime de l’actuel président Lansana Conté, en lutte contre les opposants au pouvoir en place.

La nature des méthodes de torture est également en évolution. La tendance observée est à l’augmentation des actes de torture psychologiques. Ainsi, plus de la moitié des victimes reçues rapportent notamment la recrudescence de femmes tortionnaires, s’adonnant entre autre à des sévices basés sur une humiliation d’ordre sexuel. Difficile pour les victimes de mettre des mots sur les extrêmes souffrances engendrées par ces pratiques ; pourtant certains s’efforcent de l’exprimer avec la pudeur que leur inspire leur traumatisme : « une torture qui fait pas mal, c’est insupportable ».

Ces ressortissants de Guinée Conakry reçus au centre de soins, souffrent de traumatismes particulièrement sévères et profonds, qui se manifestent notamment par des états de terreurs permanentes et de paranoïa, ainsi que l’exprime très simplement une victime : « l’angoisse ne finit pas … j’attends ».

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[1] http://www.child-soldiers.org/fr/en... : se reporter au site Internet de la Coalition pour mettre fin à l’utilisation des enfants soldats, un réseau d’Organisation Non Gouvernementale.

[2] Article 3 de la CIDE : « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, (...) l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ». L’article 37 de la CIDE qui préconise que « Nul enfant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : ni la peine capitale ni l’emprisonnement à vie sans possibilité de libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans (..) Tout enfant privé de liberté sera séparé des adultes, à moins que l’on n’estime préférable de ne pas le faire dans intérêt supérieur de l’enfant ».

[3] Juridiction Internationale notamment compétente pour juger des recruteurs d’enfants soldats.

Mis à jour le mercredi 3 février 2010