Traumatismes et symptomes
Pathologies et effets induits de la torture
Choisir de soigner des victimes de torture implique de connaître et de reconnaître les pathologies spécifiques dont elles souffrent. Leur prise en soins nécessite des compétences particulières.
La grande majorité des patients souffre de troubles du sommeil et de la mémoire, de dissociation, de pertes de repères, d’irritabilité, d’angoisses. Certains peuvent présenter un comportement agressif. Ce sont les manifestions du syndrome de stress post-traumatique.
L’enjeu de la prise en soins est d’essayer de soulager les patients pour les aider à vivre une insertion sociale réussie.
Le syndrome de stress post-traumatique
La personne qui présente le tableau de stress post-traumatique peut être la victime elle-même de l’événement. Elle peut être le témoin d’un accident survenu à un proche, ou d’une catastrophe ayant concerné de nombreuses victimes.
Le tableau se présente sous la forme d’une sorte de retour permanent de l’événement, sous forme de cauchemars, ou d’envahissement de la conscience chez le sujet éveillé, de souvenirs fréquents.
Ces troubles s’accompagnent souvent d’insomnies, de dépression, d’irritabilité, parfois de violences ou de conduites pathologiques (alcoolisme…). Au maximum ils entraînent une désadaptation sociale importante.
Les causes et l’évolution du syndrome de stress post-traumatique
Confrontées au même événement traumatisant, certaines personnes n’en subissent pas de séquelles alors que d’autres développent un syndrome de stress post -traumatique.
On parle de syndrome de stress post-traumatique lorsque les symptômes durent plus d’un mois (ils débutent souvent plusieurs semaines après l’événement).
La durée des troubles peut se limiter à quelques mois, ou au contraire durer beaucoup plus longtemps voire devenir chronique.
Le patient souffrant d’un SSPT se plaint d’un sentiment de désespoir ou d’horreur associés à une triade de symptômes persistants :
- L’intrusion : la personne revit l’événement traumatisant. Il ne s’agit pas seulement de vagues réminiscences, mais d’incapacité à empêcher ces souvenirs de revenir nous hanter. Certains parlent même de reviviscence pour dire à quel point il s’agit davantage de véritables flash-back envahissants que de simples souvenirs. En effet, l’angoisse ressentie lors de l’expérience traumatisante peut être de nouveau éprouvée au moment du souvenir. Les cauchemars sont une autre manifestation de ce type de symptôme.
- L’évitement : l’individu tente d’éviter les situations et les facteurs déclencheurs qui pourraient lui rappeler l’événement traumatisant. Il aura également tendance à éviter d’en parler pour éviter d’y être confronté directement. Cela peut conduire jusqu’à une amnésie partielle ou totale de l’événement. Un autre aspect de l’évitement est l’émoussement des émotions qui peut aller jusqu’à une insensibilité émotive. La personne perd intérêt dans des activités qui autrefois la passionnaient, se replie sur elle-même et fuit ses proches[1].
- L’hyperstimulation : le patient souffrant d’SSPT a plusieurs symptômes d’hypervigilance et a par conséquent de la difficulté à se concentrer et à mener à terme ses activités. Il peut avoir notamment de l’insomnie, de la nervosité, une tendance à s’effrayer facilement, une impression constante de danger ou de désastre imminent, une grande irritabilité ou même un comportement violent. Chez les enfants, on constate un comportement désorganisé ou agité. Un sentiment intense de détresse psychique peut survenir lorsque la personne est exposée à des éléments qui évoquent l’événement traumatisant.
Ces troubles s’accompagnent parfois de dépression, de conduites pathologiques (alcoolisme, toxicomanie, tendance suicidaire) et peuvent entraîner une grande invalidation sociale (perte d’emploi, conflits familiaux). Faute de prise en charge, l’état anxieux peut persister.




