Conditions d’accueil

Les victimes sont accueillies et suivies de manière inconditionnelle au sein du centre de soins de Parcours d’Exil. L’association pratique le tiers payant pour les consultations de médecine générale afin que les patients ne fassent pas l’avance des frais. Les patients ne disposant pas de couverture santé sont accueillis gratuitement et peuvent bénéficier de notre pharmacie humanitaire.

L’équipe médicale engage avec chaque patient un cheminement thérapeutique spécifique qui doit lui permettre de retrouver confiance en soi et en autrui.

Au-delà de ce « mieux-être » psychologique et physique, le but de la démarche est aussi de favoriser l’intégration du patient dans la société.

Les thérapeutes sont des professionnels expérimentés dans la prise en soins du traumatisme.

La prise en soins de chaque patient, souffrant de profondes séquelles psychologiques et physiques nécessite l’intervention de plusieurs types de praticiens : médecins, psychologues, psychothérapeutes, ostéopathe, danse-thérapeute, yoga-thérapeute …

La durée de l’accompagnement varie en fonction du parcours de chaque patient. La prise en soins dure généralement entre 12 et 18 mois, mais les patients qui en éprouvent le besoin peuvent continuer à venir au centre aussi longtemps qu’ils le souhaitent.

La plupart des patients suivis dans notre centre de soins font état d’une amélioration rapide de leur symptomatologie, ils constatent une diminution voire la fin des cauchemars, des angoisses et des flash-back ainsi qu’un mieux- être leur permettant d’aborder plus sereinement les événements traumatiques vécus et de lever les séquelles au fur et à mesure.

Aucun rythme de thérapie n’est imposé au patient. En moyenne, chaque patient est reçu 10 fois en consultation médicale dans l’année. La fréquence est plus importante pour les consultations avec les psychologues.

Les échanges avec d’anciens patients témoignent des effets bénéfiques de ce suivi. Plusieurs années plus tard, ils expriment leur bonheur de retrouver les thérapeutes sans lesquels  » ils n’auraient peut-être pas survécu… »

CONSULTATIONS MÉDICALES

Des études ont montré que les patients étrangers n’accordent du crédit qu’aux médecins. Ils se méfient de la psychologie, réservée selon eux « aux fous ». Aussi est-il plus facile pour eux de commencer par rencontrer un médecin. En outre, la prescription médicamenteuse permet de soulager rapidement douleurs et troubles du sommeil. Les patients adhèrent ainsi plus facilement à la prise charge qui leur est proposée.

Une fois le patient soulagé, il pourra commencer un travail psychothérapeutique.

CONSULTATIONS DE PSYCHOTHÉRAPIE

Le travail psychothérapeutique commence par le rétablissement du sentiment de sécurité et de contrôle de soi.

Par la suite, quand le patient sera capable de mobiliser ses propres ressources, des thérapies centrées sur le traumatisme pourront être utilisées. Ce travail permettra de déconnecter le souvenir traumatique des émotions, donc de la peur, pour l’intégrer avec tous les autres souvenirs.

« C’est dur, c’est très dur, et d’un coup, c’est comme si la peur disparaissait », témoignage d’un patient après une séance d’EMDR.

Plutôt que de revivre en tant qu’acteur le film de son traumatisme, le patient n’en deviendra que spectateur et la vision de ce film ne déclenchera plus les réactions de peur et de stress. Pour cela, nous utilisons des thérapies comme l’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), les thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose ericksonienne, qui sont adaptées au contexte des patients.

Par la suite , les thérapeutes vont pouvoir accompagner les patients vers le retour à une vie « normale ». Il est, en effet, très important de ne pas les confiner à leur statut de victime et de les aider à retrouver le contrôle de leur vie.

SOINS D’OSTEOPATHIE

Notre prise en charge se veut globale et intégrative, aussi bien sur le plan physique que psychologique. Il  est indispensable de réconcilier le corps avec l’esprit, les violences physiques ayant entraîné des traumatismes psychologiques.

La mémoire comporte un versant somato-sensoriel qu’il est indispensable d’intégrer pour traiter les souvenirs traumatiques. Les traumatismes physiques et psychologiques causés par la torture se figent dans le corps meurtri, générant des troubles musculo-squelettiques importants chez les migrants. L’ostéopathe cherche à libérer ces zones de douleur par un traitement « myo-fascial ».

« Après chaque consultation, je me sens comme vidé, libéré de toutes ces souffrances physiques ».

SÉANCES DE YOGA-THERAPIE

Les patients ont la possibilité de participer à des séances hebdomadaires de relaxation, dirigées par une yogathérapeute, Florence Cabannes.

Ces séances hebdomadaires sont organisées en petit groupe, pour les femmes d’une part et pour les hommes d’autre part. Elles se déroulent comme suit :

  • Prise de conscience des sensations corporelles, repérage des zones nouées ou douloureuses et travail mental d’acceptation et de détente.
  • Etirements destinés à réduire les tensions liées au stress et donc à procurer de la détente psychique.
  • Exercices de respiration pour apprendre à contrôler ses émotions par le contrôle de sa respiration.

L’objectif de ces exercices est d’apporter aux patients des outils qu’ils pourront s’approprier en cas de besoin (situations de stress, problèmes de sommeil…)

SUPERVISION ET RÉUNIONS THÉRAPEUTIQUES

Les séances de supervision et les réunions thérapeutiques sont des moments d’échanges entre les soignants du centre qui portent sur des études de cas et l’analyse de pratiques. C’est aussi l’occasion d’une réflexion commune sur des thèmes éthiques ou de fonctionnement. Ces réunions sont toujours un moment riche d’échanges et de discussions.

Chaque année, l’équipe organise également une journée sans patients, pour permettre aux salariés et bénévoles de réfléchir ensemble aux projets de l’association.

En complément des thérapies individuelles, les patients ont la possibilité de rejoindre le Groupe insertion qui vise à faciliter leur intégration dans la société française.

La plupart des patients arrivent au centre de soins durant leur procédure d’asile. Le statut de demandeur d’asile leur interdisant de travailler, ils se trouvent dans l’incapacité de se projeter dans un avenir professionnel. Mais une fois obtenu leur statut de réfugié politique, on exige d’eux une insertion professionnelle extrêmement rapide (de nombreuses structures d’accueil ne leur accordent qu’un délai de trois mois pour trouver un logement autonome). Les réfugiés sont alors contraints d’accepter des emplois sous-qualifiés et mal payés, ajoutant au traumatisme subi dans le pays d’origine une déchéance sociale dans le pays d’accueil.

 

Le Groupe insertion est avant tout un outil thérapeutique. Grâce aux ateliers de français et d’informatique les patients oublient momentanément les événements traumatiques. Ils améliorent leurs capacités de concentration et d’organisation de la pensée, ce qui leur permettra, une fois les séquelles psychiques levées, d’intégrer un processus d’apprentissage classique.

 

Le Groupe Insertion leur permet aussi de réapprendre la vie en groupe, le respect d’un cadre, d’horaires et la prise en compte des opinions d’autrui. Les activités culturelles, les ateliers de poésie, de cinéma, de musique, les concerts proposés par l’Orchestre de Paris, leur permettent d’oublier leur statut de patient ou de victime, de développer leur sensibilité mais également de développer des compétences sociales.

Les ateliers d’insertion professionnelle permettent aux bénéficiaires de la protection internationale de mettre en place un projet professionnel (formation, rédaction de CV, lettre de motivation, préparation aux entretiens d’embauche)