Santé mentale des migrants

Le soin est au cœur de note mission 

 

Prise en charge globale du patient par une équipe pluridisciplinaire composée de médecins généralistes formés au psychotraumatisme de psychologues, d’ostéopathes et de yogathérapeutes.

Notre approche est psychocorporel, on distingue trois temps :

  • Soulagement des symptômes
  • Stabilisation et ancrage
  • Soin spécifique du psychotraumatisme fondé sur les recommandations de l’OMS

 

L’accueil est inconditionnel et gratuit pour toute personnes exilée souffrant de psychotraumatisme. Les patients ne disposant pas de couverture santé peuvent bénéficier de notre pharmacie humanitaire.

 

L’équipe médicale engage avec chaque patient un cheminement thérapeutique spécifique qui doit lui permettre de retrouver confiance en soi et en autrui.

LA PRISE EN CHARGE MÉDICALE

Des études ont montré que les patients étrangers n’accordent du crédit qu’aux médecins. Ils se méfient de la psychologie, réservée selon eux « aux fous ». Aussi est-il plus facile pour eux de commencer par être pris en charge par un médecin. En outre, la prescription médicamenteuse permet de soulager rapidement douleurs et troubles du sommeil. Les patients adhèrent ainsi plus facilement à la prise charge qui leur est proposée.

 

Une fois le patient soulagé, il pourra commencer un travail psychothérapeutique.

LA PRISE EN CHARGE PSYCHOTHÉRAPEUTIQUE

Pour un soin en santé mentale adapté au psychotraumatisme chez les personnes migrantes, nos psychothérapeutes travaillent de près avec le reste de l’équipe multidisciplinaire. En effet, les consultations en psychothérapie complètent l’accompagnement médical et ostéopathique proposé aux personnes migrantes. La richesse de nos interventions réside dans la variété des de nos approches thérapeutiques, spécialisées dans la prise en charge du psychotraumatisme chez les personnes migrantes : l’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), les thérapies cognitivo-comportementales, la thérapie de la reconsolidation, le somatic experiencing, l’hypnose ericksonienne et l’ICV (Intégration du cycle de la vie).

 

La psychothérapie vise à établir un espace de sécurité et de confiance pour le patient. Cet espace permet de briser le silence, imposé pour beaucoup par les expériences très isolantes auxquelles ils ont été confrontés, telles que le parcours migratoire, la détention, la torture, les violence sexuelles. La relation au psychothérapeute permet de restaurer un lien humain ayant souvent été profondément blessé, et de faciliter aux patients la réintégration des patients dans leur vie familiale et sociale, dans la mesure du possible.

 

Lorsqu’un patient présente des symptômes d’état de stress posttraumatique (ESPT), il est dans la reviviscence d’événements traumatiques et parfois dans l’évitement de nombreuses situations lui rappelant les événements, avec souvent un trouble du sommeil, des cauchemars, un versant anxieux et dépressif ainsi qu’un impact important sur sa qualité de vie. L’objectif de la psychothérapie consiste à aider le patient à gérer ses souvenirs traumatiques et à les intégrer dans sa mémoire, avec une charge émotionnelle moins intense, et à permettre de retrouver une stabilité émotionnelle et un bien-être. Plutôt que de revivre en tant qu’acteur le film de son traumatisme, le patient le vivra progressivement avec plus de distance : la vision de ce film ne déclenchera plus les réactions de peur et de stress, la conscience que l’évènement est passé libèrera le présent.

LA PRISE EN CHARGE OSTEOPATHIQUE

Notre approche thérapeutique des migrants est globale et intégrative, nous prenons en compte aussi bien l’aspect physique que psychologique du patient. Le soin ostéopathique est destiné à aider les patients à se reconstruire d’un syndrome de stress post-traumatique, en travaillant sur des troubles fonctionnels et en se centrant sur le mouvement tissulaire.

 

La mémoire comporte un versant somato-sensoriel qu’il est indispensable d’intégrer pour traiter les souvenirs traumatiques. Les violences subies, qu’elles soient physiques ou psychologiques se figent dans le corps, provoquant chez les patients des symptômes invalidants qui compromettent leur guérison mentale.

 

À la suite des psycho-traumatismes subis, les patients que nous recevons à Parcours d’Exil sont souvent dissociés de leur corps. C’est un phénomène de protection qui entraîne une séparation entre le corps et l’esprit. Un des rôles de l’ostéopathe est d’aider le patient à reprendre conscience et possession de son corps afin de le réintégrer progressivement au niveau cérébral.

 

Dans notre centre de santé, quand les patients souffrent de troubles fonctionnels sévères, nous associons à l’ostéopathie à l’hypnose, un outil important pour la libération d’un blocage somato-émotionnel. Les manipulations ostéopathiques peuvent réveiller des émotions et des douleurs aigues. L’hypnose permet de dissocier les sensations somesthésiques de l’état de conscience du patient, aidant ainsi à la prise en charge ostéopathique.

 

« Après chaque consultation, je me sens comme vidé, libéré de toutes ces souffrances physiques ».

ET DE LA YOGA-THERAPIE

Les patients ont la possibilité de participer à des séances hebdomadaires de relaxation, dirigées par une yogathérapeute, Florence Cabannes.

 

Ces séances hebdomadaires sont organisées en petit groupe, pour les femmes d’une part et pour les hommes d’autre part. Elles se déroulent comme suit :

  • Prise de conscience des sensations corporelles, repérage des zones nouées ou douloureuses et travail mental d’acceptation et de détente.
  • Etirements destinés à réduire les tensions liées au stress et donc à procurer de la détente psychique.
  • Exercices de respiration pour apprendre à contrôler ses émotions par le contrôle de sa respiration.

 

L’objectif de ces exercices est d’apporter aux patients des outils qu’ils pourront s’approprier en cas de besoin (situations de stress, problèmes de sommeil…)

Le soin est complété par des ateliers d’insertion ( français, informatique, insertion professionnelle, sorties culturelles) qui facilitent l’intégration des patients dans la société et qui leur permettent de redevenir pleinement acteurs de leur vie.

En complément des thérapies individuelles, les patients ont la possibilité de rejoindre le Groupe insertion qui vise à faciliter leur intégration dans la société française.

La plupart des patients arrivent au centre de soins durant leur procédure d’asile. Le statut de demandeur d’asile leur interdisant de travailler, ils se trouvent dans l’incapacité de se projeter dans un avenir professionnel. Mais une fois obtenu leur statut de réfugié politique, on exige d’eux une insertion professionnelle extrêmement rapide (de nombreuses structures d’accueil ne leur accordent qu’un délai de trois mois pour trouver un logement autonome). Les réfugiés sont alors contraints d’accepter des emplois sous-qualifiés et mal payés, ajoutant au traumatisme subi dans le pays d’origine une déchéance sociale dans le pays d’accueil.

 

Atelier de français : favoriser l’accès au savoir

L’accès au savoir – parler, lire, écrire, comprendre – est un accès à plus de liberté, d’autonomie, de dignité. C’est pour tous les migrants en soin au centre de santé Parcours d’Exil une porte d’entrée vers une vie sociale, une culture nouvelle et une possibilité d’emploi.

Les thérapeutes – médecins, psychologues, ostéopathes – proposent à leurs patients souffrant de psychotraumatisme de participer à l’atelier de français, une fois par semaine. Le but de l’atelier est d’une part de réapprendre à se concentrer, à réfléchir, à reprendre confiance et estime de soi et d’autre part, de faciliter leur intégration et de leur donner l’occasion de rencontrer d’autres patients du centre. Pendant deux heures ils se concentrent sur la pratique du français, en petits groupes de 2 ou 3 et selon leur niveau, dans une ambiance légère, chaleureuse et sans contrainte.

La qualité première du bénévole ne réside pas tant dans sa compétence technique d’enseignant que dans sa capacité à créer un groupe d’apprenants et à partager le plaisir de progresser ensemble. Il est fréquent de les voir s’entraider dans leurs langues respectives, principalement des dialectes africains. La souplesse et l’adaptabilité sont aussi nécessaires car il leur est parfois difficile de venir régulièrement à l’atelier. Certains viennent de loin, ont des démarches administratives à accomplir, des horaires de travail qui ne leur permettent pas toujours d’être présents. Ils font preuve de beaucoup de courage et de détermination.

 

 

Atelier d’insertion professionnelle: favoriser l’accès à la vie professionnelle

Les ateliers d’insertion professionnelle pour migrants ayant une autorisation de travail a été mis en place à Parcours d’Exil, très tôt après sa création.

 

Cet atelier est une réponse à un besoin de nos patients et vise à les accompagner dans leurs parcours d’insertion professionnelle, en complément de la prise en charge de la santé physique et mentale dont ils bénéficient au sein du centre de santé de Parcours d’Exil.  Animé par un bénévole de l’association, membre du Conseil d’administration et conseiller en insertion professionnelle, notre atelier accueille les patients orientés par les médecins et psychologues.

 

A raison de 2h par semaine tous les vendredis, nos ateliers sont collectifs et ont lieu dans les locaux de Parcours d’Exil. Nous adaptons nos ateliers en fonction des profils et de la demande de chaque patient avec une écoute attentive, bienveillance en tenant compte la spécificité de chacun.

 

Le contenu de nos ateliers consiste en la définition d’un projet professionnel, la recherche d’emploi ou de formation, l’élaboration de CV ou de lettres de motivation, l’orientation vers Pôle Emploi pour leurs inscriptions, les conseiller ou les orienter vers d’autres dispositifs d’insertion socioprofessionnelle.

 

Témoignages :

« Très motivés, curieux, assidus et ambitieux, les patients me surprennent par leur volonté et leur envie de s’intégrer dans la société française et surtout de réussir à s’insérer professionnellement. Je suis frappé par leur courage, leur détermination à s’en sortir malgré un parcours douloureux. Ils restent dignes. Les valeurs qu’ils portent sont un exemple. Ils veulent apprendre, se former et trouver un emploi. Aussi, ils sont très reconnaissants de l’accueil, de l’écoute et des soins qui leur sont réservés par Parcours d’Exil ». Madjide Ba – Bénévole

 

« Pour moi, j’ai appris beaucoup de choses : Comment mettre mon cv en valeur et comment on fait une lettre de motivation. Et aussi pour faire un entretien d’embauche qu’est-ce qu’on doit dire ? Qu’est-ce qu’on ne doit pas faire ? Et savoir ce que ça signifie CPF (Compte Personnel de Formation). Et faire la différence des lettres de motivation sur le métier que tu cherches. Et savoir aussi comment rechercher des emplois ou des formations professionnelles.
Merci
 ». Sory D.